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YZ, "street vendors"

Abidjan, Côte d'Ivoire

YZ & Empow'her

  • #Street-art

Connue pour ses œuvres très féminines depuis de nombreuses années, YZ est également fortement impliquée auprès d’ONG et d’associations de manière bénévole. C’est après avoir découvert les actions d’Empow’her à Abidjan sur les réseaux sociaux qu’YZ rencontre la directrice du bureau ivoirien ainsi que le formateur de l’association.

« J’ai aimé les formations et supports pédagogiques qu’ils proposent. Ils sont très concrets et abordent beaucoup de thèmes liés à l’entrepreneuriat féminin. Face à un public qui ne peut pas se déplacer faute de moyens, qui n'a pas de temps, et qui est parfois analphabète, ce n'est pas simple de convaincre des jeunes filles de se former, surtout dans un environnement où l'éducation des femmes n'est pas vue comme prioritaire ».

Du Sénégal à Abidjan

Déjà familière du Sénégal, YZ déménage en Côte d’Ivoire il y a un an. Elle cherche alors un projet contextuel et prend le temps de sentir la ville, observe son fonctionnement, apprend son histoire, la construction des quartiers, tente de comprendre l’habitat, … Si elle apprécie les supports à sa disposition, comme le bois et les matériaux de récupération, son objectif est de trouver une émotion.

« Je réalise qu’à Abidjan, il y a beaucoup de femmes qui vendent dans la rue alors qu’au Sénégal, ce sont les hommes ».

Abidjan est très différente de toutes les capitales africaines. La structure familiale est éclatée jusque dans l’habitat où des femmes, seules avec enfants, louent des chambres dans des immeubles avec de grandes cours communes, où chacun vit et évolue. Si un homme garde ses revenus, chaque recette féminine est ramenée à la famille.

« Quand tu es sur la route et que tu achètes à des femmes qui vendent de l'eau, l'habitacle fait une barrière entre ton monde et les filles »

« Je voulais faire comprendre aux gens qu'on peut s'arrêter, les regarder, et leur redonner une visibilité, une humanité. »

Pendant plusieurs mois, YZ croise des femmes dans la rue, dans les marchés et leur demande leur autorisation pour les prendre en photo, sans qu’elles ne comprennent réellement la démarche. En contrepartie, elle offre une rémunération ainsi qu’un échange de numéros, pour pouvoir les recontacter en cas d’utilisation de l’image. Elle encolle les portraits dans la rue, après leur avoir rajouté des ornements, pour leur donner une place dans cette ville aux grands écarts économiques.

« La femme s'est imposée ces dernières années. Ça résonne avec moi, mon identité, ce que je suis et mes convictions. »

« Je cherche à créer un univers avec différentes femmes qui ont marqué l'Afrique. Avec « street vendors », j'espère proposer un retour global sur un process qui aura une finalité sur toutes les filles au sens large. »

YZ souhaite ainsi rajouter un volet solidaire à son projet. Déjà sensible aux travaux de l’association Childen of Africa qui promeut l’éducation des jeunes filles, elle se tourne vers Empow’her qui tente de recruter de nouveaux publics pour leur expliquer l’importance de l’entrepreneuriat au féminin. Leurs actions sont concrètes : avec des formations pratiques, dans des lieux de proximité, Empow’her cible les femmes de 25 à 30 ans qui vendent dans la rue pour les aider à s’installer, trouver un lieu fixe, avoir leur propre « table », se poser dans leur commerce.

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YZ, "street vendors"

La situation est complexe et Empow'her a besoin d'aide, en particulier depuis les inondations de cet été, mais les mentalités sont modernes. C'est pourquoi YZ les soutient d'abord dans l'ouverture de leur centre de formation et espère lever des fonds à l'avenir pour péréniser leur travail. Car si elle se souvient de chaque femme rencontrée, comme Mai, 24 ans, vendeuse de mangues qui, bébé sur le dos, supporte un chargement de 20 kilos ; elle se rappelle également de leur dénominateur commun. Cette jeune maman, comme toutes les autres, se démène au quotidien pour scolariser ses enfants, malgré les frais et la complexité d’accès que cela représente.

« Dans 10 ans, cette génération aura changé puisque leurs filles iront à l'école. »

YZ

Née en 1975 à Châteauroux, YZ (prononcé "eyes") est une artiste franco-anglaise qui vit et travaille actuellement à Abidjan…

Empow'her

Empow'her est une entreprise sociale qui œuvre pour l'accès aux femmes à des services de formation et d’accompagnement pour…